Le 28 mai 2026, à l’occasion de la journée mondiale d’action pour la santé des femmes, la Région Île de France a organisé ses première Assises dédiées à ce sujet essentiel. Réunis à Saint-Ouen, franciliens et franciliennes, personnalités publiques, chercheuses et chercheurs, associations et start-ups de la FemTech ont échangé et proposé des solutions pour améliorer la santé des femmes au quotidien et tout au long de leur vie. Pour l’Institut Interdisciplinaire Santé des Femmes (iWISH), cet événement a constitué une occasion privilégiée de partager son expertise scientifique reconnue et de contribuer à la construction d’un avenir plus égalitaire pour la santé des femmes.

Discours de Madame Valérie Pécresse, Présidente de la Région Ile de France, dans l’hémicycle Simone Veil de l’hôtel de région (Saint-Ouen-sur-Seine – 93400) dans le cadre des Assises de la santé des femmes du 28 mai 2026.

© iWISH

Une initiative régionale inédite

Le 28 mai 2026, la Région Île‑de‑France a accueilli les Assises de la santé des femmes, un rendez‑vous majeur et inédit pour le territoire francilien. Cet événement, présidé par Madame Valérie Pécresse, a réuni plusieurs centaines de participantes et participants engagés pour réfléchir ensemble aux moyens de réduire les inégalités persistantes entre les femmes et les hommes en matière de santé.

Car malgré une espérance de vie plus élevée (85,7 ans contre 80 ans pour les hommes en France), les femmes présentent encore, à tous les âges, un état de santé globalement moins bon. Le rapport Vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes publié en 2024 par le ministère chargé de l’Égalité et de la lutte contre les discriminations rappelle l’ampleur des écarts : une plus forte exposition aux troubles psychiatriques comme la dépression ou encore un délai de près de sept ans pour diagnostiquer l’endométriose.

Ces inégalités trouvent leurs racines dans des réalités biologiques encore trop peu investies par la recherche, mais aussi dans des biais de genre profondément ancrés : douleurs féminines minimisées, sous‑représentation des femmes dans les essais cliniques, et seulement 2% de l’innovation médicale dédiée aux pathologies qui les concernent spécifiquement.

Face à ce constat, les Assises ont constitué un temps fort de mobilisation collective. Chercheuses et chercheurs, soignantes et soignants, responsables publics, associations et personnalités inspirantes — parmi lesquelles Yasmine Belkaïd, directrice générale de l’Institut Pasteur, Sandrine Gruda, ancienne basketteuse olympique, ou encore Abdelaali El Badaoui, fondateur de Banlieues Santé — ont partagé leurs analyses et leurs propositions. Recherche, prévention, parcours de soins, innovation : autant de leviers identifiés pour bâtir un écosystème d’excellence en matière de santé des femmes.

Constater les inégalités pour y remédier

Bonne nouvelle : l’état de santé des femmes en Île‑de‑France reste globalement favorable. Comme le souligne Natalie Beltzer, directrice de l’Observatoire régional de santé, les Franciliennes affichent même l’espérance de vie la plus élevée du pays, atteignant 86,6 ans. Mais ce constat positif en cache un autre, plus préoccupant : la région parisienne est aussi celle où les inégalités de genre en santé sont les plus marquées. En grande couronne, les femmes en situation de grande précarité cumulent des difficultés sociales et économiques qui dégradent leur santé et limitent leur accès aux soins comme à la prévention.

Sarah Tebeka, professeure en psychiatrie et membre du comité exécutif de l’Institut Interdisciplinaire Santé des Femmes iWISH, a dressé ensuite un panorama sans détour de la santé mentale des femmes. Elle rappelle que le risque de souffrir de dépression ou de troubles anxieux est multiplié par deux chez les femmes, et cela dès la puberté. Les maladies psychiatriques, encore trop taboues, restent par ailleurs largement sous‑diagnostiquées. Le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH), par exemple, ne se manifeste pas de la même manière chez les filles — davantage marquées par un déficit d’attention — que chez les garçons, souvent identifiés pour leur hyperactivité. Quant au trouble dysphorique prémenstruel, qui peut provoquer des symptômes dépressifs sévères jusqu’à des idées suicidaires à l’approche des règles, il demeure méconnu alors qu’il touche 8% des femmes.

Ces inégalités s’enracinent dans une histoire longue. Comme l’a rappelé le professeur Vassilis Tsatsaris, obstétricien-gynécologue et co-directeur d’iWISH, la complexité biologique du corps féminin — rythmé par des cycles et des variations hormonales — a longtemps conduit les chercheurs à privilégier le modèle masculin, jugé plus simple, y compris dans la recherche expérimentale sur modèles animaux. S’y ajoutait la crainte d’une grossesse imprévue dans les essais cliniques, avec les risques que cela pouvait entraîner. Mais aujourd’hui, ces arguments ne tiennent plus : les femmes ne peuvent plus être considérées comme une exception par rapport à une norme masculine, mais comme des sujets de recherche à part entière, avec leurs spécificités.

Alors, comment avancer ? Plusieurs pistes se dessinent : mieux repérer les femmes les plus vulnérables, agir sur les déterminants sociaux de la santé (logement, ressources économiques…), sensibiliser le grand public — et notamment les entreprises — aux enjeux de la santé des femmes, former les professionnels de santé, et renforcer le financement de la recherche dédiée. Les Assises ont également été l’occasion de favoriser les rencontres entre
acteurs engagés grâce au village FemTech. Les Franciliennes et Franciliens ont ainsi pu découvrir des solutions innovantes et prometteuses pour la santé des femmes : du suivi gynécologique à l’accompagnement face au cancer, de nombreuses start-ups et instituts étaient au rendez-vous.

Penser l’avenir de la santé des femmes

En préparation des Assises, la Région Île‑de‑France avait lancé, en partenariat avec Make.org, une vaste consultation citoyenne autour d’une question simple mais essentielle : « Comment améliorer la santé des femmes au quotidien et tout au long de leur vie ? ». Entre le 4 février et le 12 avril 2026, 10 962 Franciliennes et Franciliens ont participé, déposant plus de 1 250 propositions et générant plus de 160 000 votes. Cette mobilisation exceptionnelle a permis de dégager une véritable feuille de route collective pour faire progresser la santé des femmes dans la région.

De cette démarche sont nées 25 mesures ambitieuses, parmi lesquelles :

  • Un investissement de 50 millions d’euros dans le fonds européen FemTech, afin de soutenir l’innovation et la croissance des start‑ups franciliennes dédiées à la santé des femmes.
  • Le déploiement, avec l’AP‑HP, de la digitalisation du suivi gynécologique, pour mieux accompagner les patientes, détecter plus tôt les signaux d’alerte et réduire les renoncements aux soins.
  • La création d’une base de données genrées en oncologie, destinée à améliorer la prévention, la prise en charge et les traitements des femmes atteintes d’un cancer.
  • L’organisation de campagnes de vaccination de rattrapage contre les papillomavirus dans tous les lycées franciliens, afin de renforcer la lutte contre le cancer du col de l’utérus.
  • La diffusion d’outils de repérage de l’endométriose auprès des professionnels de santé, ainsi qu’un plaidoyer pour son inscription dans la liste des Affections de Longue Durée (ALD 30).
  • L’aide à la rénovation du bâtiment Tarnier, ancienne clinique parisienne destinée à devenir en 2029 le lieu-totem de l’Institut Interdisciplinaire Santé des Femmes iWISH et du Département Universitaire de Maïeutique de l’Université Paris Cité.

Ces Assises marquent une étape déterminante sur le chemin encore long vers l’égalité entre les femmes et les hommes, et posent les bases d’un dialogue essentiel entre tous les acteurs engagés pour la santé des femmes. Tout au long de cette journée, iWISH a réaffirmé son engagement en faveur de la santé des femmes et sa volonté de rassembler, partager et valoriser toutes les expertises pour faire émerger un progrès concret et durable en la matière.

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